5 lectures #1

Bonjour, j’espère que vous allez bien ♡ L’envie de faire quelques changements par ici me trotte dans la tête depuis quelques semaines maintenant mais j’ai préféré attendre la nouvelle année pour mettre en place mes idées 🙂 Pendant des mois, je vous ai proposé des bilans lectures mais j’ai envie de changer ce format d’article. Comme vous allez le voir, mon concept n’a rien d’original, il se fait déjà. Mon idée avec ce nouveau format, c’est de vous proposer du contenu plus régulièrement et de ne plus avoir des bilans aussi longs ou aussi courts qu’ils pouvaient l’être! J’espère que ce nouveau format vous plaira 🙂

Pour ce premier article sur mes 5 dernières lectures, je vais vous parler de Ave Maria de Sinan Antoon, Little gods de Men Jin, Prisonniers de la géographie de Tim Marshall, De la forêt de Bibhouti Bhoushan Banerji et Lonely castle in the mirror de Mizuki Tsujimura !

AVE MARIA DE SINAN ANTOON

  • Traduit par Philippe Vigreux
  • Historique, drame
  • Littérature irakienne
  • Publié par Actes Sud
  • Paru en 2018
  • 192 pages

Youssef est un vieil Irakien moyen de confession chrétienne. Célibataire endurci, très attaché à son mode de vie oriental, fidèle à ses amitiés multiconfessionnelles, il refuse obstinément de quitter Bagdad comme l’ont fait tant de chrétiens après l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Par suite d’un attentat djihadiste, une proche parente, Maha, vient s’installer chez lui avec son mari, mais ne rêve, elle, que de partir loin, très loin, et le plus rapidement possible.

En décembre, j’ai décidé de privilégier les livres que j’ai achetés entre janvier et juillet et que je n’ai toujours pas lus ! J’ai donc commencé par Ave Maria de Sinan Antoon, auteur irakien que j’avais découvert avec son très bon Seul, le grenadier. Et une fois encore, j’ai beaucoup aimé ma lecture ! C’est un roman très court, dans lequel nous suivons deux personnages, Youssef et sa nièce Maha. Ils ont tous les deux un point de vue très différent sur la situation de leur pays. Tandis que Youssef essaie de relativiser au plus la situation, notamment envers sa communauté chrétienne, Maha n’a aucun espoir pour l’avenir et espère partir au plus vite du pays. Lire à propos de deux opinions aussi divergentes quant à la situation de l’Irak depuis 2003 et de la communauté chrétienne m’a beaucoup plu ! La plume de l’auteur est vraiment belle et fluide à lire et je pense lire ses autres romans (qui n’ont été traduits qu’en anglais par contre). C’est une lecture courte mais intense que je vous recommande vivement !

« Il y avait une photo que Youssef conservait à l’intérieur d’une petite enveloppe dans une armoire de sa chambre d’où il ne l’avait pas sortie depuis des années mais dont il gardait des copies épinglées un peu partout sur les murs de son cœur et de son âme, devant lesquelles il avait passé et repassé maintes fois. Et quoique bien des recoins de son cœur fussent plongés dans l’ombre de l’automne de sa vie, ils s’éclairaient de temps en temps au réveil des souvenirs. »

LITTLE GODS DE MEN JIN

  • Lecture en anglais
  • Contemporain
  • Littérature sino-américaine
  • Publié par Custum House
  • Parution le 14 janvier 2021
  • 288 pages

On the night of June Fourth, a woman gives birth in a Beijing hospital alone. Thus begins the unraveling of Su Lan, a brilliant physicist who until this moment has successfully erased her past, fighting what she calls the mind’s arrow of time. When Su Lan dies unexpectedly seventeen years later, it is her daughter Liya who inherits the silences and contradictions of her life. Liya, who grew up in America, takes her mother’s ashes to China, Liya’s memories are joined by those of two others: Zhu Wen, the woman last to know Su Lan before she left China, and Yongzong, the father Liya has never known.

Little gods est le genre de roman pour lequel je n’arrive pas à déterminer ce qui m’a réellement plu et déplu. J’ai lu quelques avis sur Goodreads pour voir si d’autres auraient pu mettre des mots sur ce que je pense de ce roman et j’ai l’impression que je ne suis pas la seule à avoir du mal à en parler. C’est sa couverture hyper colorée puis le résumé qui m’ont donné envie de le découvrir ! On y suit l’histoire de Su Lan à travers le regard de trois de ses proches. Ce n’est pas la première fois que je lis un roman qui suit ce procédé et j’aime bien cette idée. Cependant, je trouve que Su Lan reste très mystérieuse : plus j’en apprenais sur elle et moins j’arrivais à me faire une idée fixe de qui elle était. C’est un personnage complexe et il est difficile de la comprendre seulement à travers le regard des autres. Mais c’est peut-être voulu par l’autrice. Finalement qui sommes-nous à travers le regard des autres ? Quoiqu’il en soit, j’ai bien aimé que l’autrice parle de sciences à travers Su Lan puisque cette dernière est physicienne. Je n’y comprends rien mais ça me change de ce que je peux lire ! J’ai par contre eu du mal avec les autres personnages. Je n’ai pas besoin de m’identifier pour aimer un roman mais ici, j’avais l’impression d’être simple spectatrice et il m’en faut plus. Enfin, j’ai eu une sensation de trop peu en refermant le livre, la fin ne m’a pas particulièrement convaincue. C’est donc une lecture en demi-teinte !

« That was how it was: I wanted desperately to leave her and break her heart, but her heart would not be broken, so I came back, tried to make her love me, tried leaving again. Now I couldn’t break her heart if I wanted to. Instead, again, finally, she had broken mine. »

PRISONNIERS DE LA GÉOGRAPHIE DE TIM MARSHALL

  • Traduit par Ariane Fornia
  • Non fiction, Essai de géographie
  • Littérature anglaise
  • Publié par JC Lattès
  • Paru en 2018
  • 384 pages

Si vous vous demandez pourquoi Poutine est obsédé par la Crimée, pourquoi les Etats-Unis étaient destinés à devenir une grande puissance mondiale, ou pourquoi la zone d’influence de la Chine va s’étendre toujours plus loin, lisez ce livre. Tous les chefs d’Etat sont bridés par la géographie. Leurs choix sont dictés par les montagnes, les fleuves, les mers et les murs. Pour suivre ce qui se passe dans le monde, vous devez certes comprendre les hommes, les idées et leur circulation, mais si vous ne connaissez pas la géographie, vous n’aurez jamais de vision d’ensemble !

Je dois vous avouer une chose : je n’ai jamais aimé la géographie. Ça peut donc paraître hyper paradoxal de lire Prisonniers de la géographie qui ne parle que de ce sujet ! C’est une discipline que je n’aime pas mais j’aime comprendre le monde dans lequel nous vivons et pourquoi il fonctionne de cette manière. Je me suis donc plongée dans ce livre pour en apprendre plus ! Ce livre a complètement répondu à mes attentes ! En partant de la géographie de chaque pays, l’auteur explique la place de divers pays et régions du monde sur la scène internationale, leurs relations plus ou moins tendues entre elles, pourquoi certains pays se sont développés plus rapidement que d’autres, quels sont réellement les enjeux de certains conflits. Ce livre fait vraiment le lien entre géographie et géopolitique et c’est ce côté qui m’a particulièrement plu. Je l’ai trouvé assez simple d’accès et plutôt facile à lire. Il est divisé en 10 cartes qui se concentrent à chaque fois sur une région du monde. Que vous aimiez ou non la géographie, c’est un livre que je recommande, c’était vraiment très intéressant 🙂 Et au final, je me suis un peu réconciliée avec cette discipline !

DE LA FORÊT DE BIBHOUTI BHOUSHAN BANERJI

  • Traduit par France Bhattacharya
  • Contemporain, Nature writing, Roman écologique
  • Littérature indienne
  • Publié par les éditions Zulma
  • Paru le 19 mars 2020
  • 300 pages

Jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord-est de l’Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l’exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier. L’illustre roi des Santals garde ses vaches à l’ombre d’un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs… Satyacharan sait qu’il est le dernier témoin d’un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.

J’aime énormément découvrir des romans en littérature étrangère alors je n’ai pas vraiment hésité à lire De la forêt ! Lire ce livre était l’occasion de découvrir un classique du roman écologique publié dans les années 30 en Inde. Malheureusement, je n’ai pas été autant emballé que je l’espérais… J’ai été un peu déroutée par la façon dont l’histoire est racontée. Satyacharan nous raconte son histoire des années après, un peu sous forme de tranches de vie. Il n’y avait pas de chronologie réellement distincte et ça m’a un peu gênée. Mais ce qui m’a finalement le moins plus – et qui est plus que subjectif – c’est le côté nature writing du roman. Je me suis tout simplement rendue compte avec ce livre que je n’aime pas vraiment ce genre. Au bout de 10 pages de description de la nature, des paysages, de la faune et de la flore, je trouve ça lassant. Je reconnais tout de même que certains passages étaient beaux et m’ont même touché mais ça reste assez répétitif. Je regrette aussi plusieurs fautes de frappe dans la traduction, c’est dommage parce qu’elles auraient pu être évitées. Si je vous en parle c’est bien parce que j’en ai trouvé pas mal… Enfin, même si ce livre ne m’a pas autant plu que ce que j’espérais, il m’a donné envie d’en apprendre plus sur l’Inde 🙂 C’est donc un roman que je recommande surtout à celles et ceux qui aiment le nature writing ou qui voudraient découvrir un auteur indien !

« J’étais venu ici pour installer des fermiers. J’étais venue détruire ce paysage et ces forêts, et voilà que j’étais tombé amoureux de cette merveilleuse nature sylvestre. »

LONELY CASTLE IN THE MIRROR DE MIZUKI TSUJIMURA

  • Lecture en anglais
  • Traduit par Philip Gabriel
  • Réalisme magique
  • Littérature japonaise
  • Publié par Doubleday
  • Parution le 22 avril 2021
  • 368 pages

In a tranquil neighbourhood of Tokyo, seven teenagers wake to find the mirrors in their bedrooms are shining. At a single touch, they are pulled from their lonely lives into a wondrous castle filled with winding staircase, watchful portraits and twinkling chandeliers. In this new sanctuary, they are confronted with a set of clues leading to a hidden room where one of them will be granted a wish. But there’s a catch: if they don’t leave by five o’clock, they will die. As time passes, a devastating truth emerges: only those brave enough to share their stories will be saved.

C’est la très belle couverture qui m’a donné envie de découvrir ce roman japonais prochainement publié en anglais. Méfiez-vous par contre du résumé Goodreads puisqu’en le lisant on s’attend à une histoire sombre, presque horrifique alors que pas du tout ! En réalité, ce roman est plutôt dans la veine du réalisme magique. Le sujet central du roman, qui m’a énormément plu, est la phobie scolaire. Kokoro ne va plus à l’école et se retrouve un jour plongée dans le château dans son miroir et y rencontre d’autres adolescents. La première partie est assez lente à se mettre en place. On découvre Kokoro, son quotidien depuis qu’elle reste chez elle, on apprend aussi pourquoi elle ne sort plus puis sa découverte du château et les relations avec autres jeunes. La mise en situation est assez lente mais ça ne m’a pas forcément déplu mais je pense que ça pourrait en bloquer certain·es. C’est vraiment dans le dernier tiers du roman que l’action prend place et j’ai vraiment aimé la fin, qui m’a énormément surprise ! C’est donc une belle découverte et j’espère que le roman sera un jour traduit en français 🙂

Au final, j’ai apprécié ces cinq lectures mais il est vrai que certaines m’ont moins plus que d’autres. N’hésitez pas à me dire si certaines vous tentent et ce que vous avez lu récemment 🙂

A bientôt,

Solange ♡

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