Mes dernières lectures / Octobre 2020

Salut tout le monde ! J’espère que vous allez bien ♡ Octobre a été un bon mois de lecture et je suis donc ravie de vous partager mon bilan lecture 🙂 J’ai lu quelques livres pour les cours (dont je ne vous parlerai pas) et des lectures plaisirs qui ont été de belles découvertes. C’est parti !

 

MAIS LEURS YEUX DARDAIENT SUR DIEU DE ZORA NEALE HURSTON
Traductrice : Sika Fakambi – Genre(s) : Contemporain  Nationalité : Américaine – Édition : Zulma – Parution : 2018 (1937) – Pages : 305  Catégorie : Les chouettes lectures

RÉSUMÉ : Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariages – avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d’égalité dans un élan d’amour – pour toucher l’horizon de son rêve d’émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses…

MON AVIS : Je crois que c’est en lisant Ne suis-je pas une femme ? que j’ai découvert le nom de Zora Neale Hurston. Apprendre qu’elle était une autrice afro-américaine emblématique m’a donné envie de découvrir son roman Mais leurs yeux dardaient sur Dieu. Et dans l’ensemble, ce fut une bonne lecture ! D’un point de vue stylistique, ça a été assez compliqué puisque c’est un langage parlé mais mal parlé. Disons que les personnages ne parlent pas très bien l’anglais (et donc le français dans la version traduite) et que même si ça renforce le contexte dans lequel se passe l’histoire – c’est-à-dire au début du XXe siècle – c’était parfois difficile à comprendre. Mais passer ce parlé un peu compliqué, l’histoire m’a plue 🙂 On y suit Jamie, une femme noire qui a connu trois mariages, tous différents. Ses deux premiers mariages n’ont pas été à la hauteur de ses attentes et elle cherche sa liberté et son indépendance. Sa rencontre avec Tea Cake est la promesse de plus d’égalité et d’une belle histoire d’amour. Je crois que ce qui m’a le plus plu finalement, c’est le portrait des femmes et hommes noir·es américain·es à cette époque. Je ne sais pas quoi dire d’autres à propos de ce roman. Je le recommande mais je ne suis pas sûre qu’il me marquera !

EXTRAIT : « Le baiser de son souvenir dessinait au mur des images d’amour et de lumière. Ici était la paix. Elle tira à elle son horizon déployé comme un immense filet de pêche. Le tira des lombes du monde et le drapa sur ses épaules. Tant de vie dans ses mailles ! Elle fit venir son âme, qu’elle vienne voir. »

 

IN WAVES D’AJ DUNGO
Traducteur : Basile Béguerie – Genre(s) : Autobiographie, Bande dessinée  Nationalité : Américaine – Édition : Casterman – Parution : 2019 – Pages : 376  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Avec beaucoup de finesse et de pudeur, AJ Dungo, immortalise les instants de grâce de sa relation avec Kristen. La légèreté et l’émotion des premières rencontres, la violence du combat contre la maladie, la noblesse de la jeune femme qui se bat avec calme. Il évoque en parallèle leur passion commune pour le surf, l’océan. Et évite très justement l’écueil du pathos en intercalant dans son récit personnel, un petit précis d’histoire du surf.

MON AVIS : Cette bande dessinée a pas mal tourné sur Instagram, alors quand je l’ai vu en bibliothèque, je me suis laissée tenter. Et j’ai bien fait parce que ce livre m’a beaucoup plu ! Je savais que l’histoire tournait autour du surf et du deuil et c’est exactement ça. L’auteur nous raconte dans cette BD autobiographique la perte de celle qu’il aimait et l’amour du surf qu’elle lui a transmis. Les pages alternent entre ce qu’il a vécu, sa rencontre avec Kristen, sa maladie, l’après – tout ça dans le désordre – et l’histoire du surf, qu’il a étudié. J’ai beaucoup aimé le style graphique, le choix des couleurs (bleu pour son histoire avec Kristen, marron pour l’histoire du surf) ! C’est une BD émouvante, sur la perte d’un être cher et le deuil et je ne peux que vous la recommander !

 

LA COMPLAINTE DE LA LIMACE DE ZAHRA ABDI
Traducteur : Christophe Balaÿ – Genre(s) : Contemporain  Nationalité : Iranienne – Édition : Belleville éditions – Parution : 8 octobre 2020 – Pages : 221  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : A bientôt trente ans, Shirine vit encore chez sa mère. La vieille femme a conservé intacte la chambre de son fils Khosrow, disparu durant la guerre du Golfe vingt ans plus tôt, et s’y réfugie chaque jour religieusement. Shirine, elle, s’invente des mondes imaginaires, nourris du cinéma qu’elle dévore quotidiennement… et plus encore lorsqu’elle rencontre Farid, un jeune vendeur de DVD à la sauvette. De l’autre côté de la ville, Afsoun peut se targuer d’une réussite sociale certaine : maîtresse de conférences, animatrice d’une émission télé populaire et épouse de Vahid, récemment nommé à la présidence de l’université de Téhéran. Pourtant, voilà vingt ans qu’Afsoun rêve d’une existence autre, qui s’est arrêtée avec le départ de Khosrow à la guerre…

MON AVIS : Belleville édition m’a proposé de recevoir leur nouvelle parution, l’occasion de découvrir une autrice iranienne contemporaine ! Ce roman a été une belle découverte 🙂 J’aime ce genre d’histoire, dans laquelle on suit plusieurs personnages. Ici, nous suivons Shirine et Afsoun, deux femmes liées par un homme, Khosrow, mort à la guerre et dont le deuil a été impossible à faire. Shirine aimerait que sa mère passe à autre chose, elle qui reste des heures dans l’ancienne chambre de son fils. Afsoun a grandi, elle n’est plus la jeune fille qui échangeait des lettres d’amour avec Khosrow à travers le mur de leurs cours, et pourtant, même vingt ans après elle n’arrive toujours pas à faire son deuil. J’ai beaucoup aimé les références cinématographiques à travers le personnage de Shirine. Cela permet d’alléger le ton du roman. C’est une histoire qui parle de la perte d’un être cher à cause de la guerre, du poids de la tradition et notamment de la place des femmes dans la société iranienne, du décalage entre tradition et modernité mais aussi d’amour. L’autrice a un style bien à elle, qui m’a un peu dérouté au début mais que j’ai fini par apprécié. En résumé, c’est une belle lecture que je vous recommande fortement !

EXTRAIT : « Je me frappe de plusieurs coups de poings dans la poitrine, juste pour rappeler à mon coeur de ne pas oublier de battre. »

 

L’INSTITUT DE STEPHEN KING
Traducteur : Jean Esch – Genre(s) : Fantastique  Nationalité : Américaine – Édition : Albin Michel – Parution : 29 janvier 2020 – Pages : 608  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

MON AVIS : Stephen King ne m’a jamais vraiment attiré. Ce qu’il écrit ne m’intéresse pas jusqu’à ce que j’entende parler de L’Institut. Etrangement, l’idée de départ du roman m’a intrigué et je ne suis pas déçue parce que j’ai beaucoup aimé ma lecture ! J’ai bien aimé le fait que l’auteur parte avec un premier personnage puis nous en présente un deuxième et que leurs histoires finissent par se croiser. C’est un roman assez difficile à lire puisque les personnages – pour la plupart – de ce roman sont des enfants et ils subissent des choses atroces dans l’Institut. Si ce genre de choses vous touche, peut-être mieux vaut-il passer votre chemin. J’ai trouvé l’idée en elle-même vraiment bien avec ces enfants enlevés pour être envoyés à l’Institut. Beaucoup de mystère entoure ce lieu et ce qu’il s’y fait et on découvre la réalité de cet endroit au fur et à mesure. Malgré la longueur du livre, je l’ai lu très rapidement. J’avais envie de savoir ce qu’il allait arriver à Luke et aux autres enfants, comprendre les dessous de l’Institut et espérais qu’ils réussissent à s’enfuir. J’ai bien aimé le côté fantastique du roman. Je ne suis pas sûre de lire à nouveau Stephen King mais en tout cas, ce roman a été une belle découverte que je recommande !

EXTRAIT : « Vous savez, Jamieson, cette vie qu’on croit mener, elle n’existe pas. Ce n’est qu’un théâtre d’ombres. Et en ce qui me concerne, je ne serai pas mécontent quand les lumières s’éteindront. Dans l’obscurité, toutes les ombres disparaissent. »

 

L’ILE DU DIABLE DE NICOLAS BEUGLET
Genre(s) : Thriller  Nationalité : Française – Édition : Pocket – Parution : 3 septembre 2020 – Pages : 312  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche… Des extrémités gangrenées… Un visage figé dans un rictus de douleur… En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse. Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ?

MON AVIS : J’ai lu le dernier tome de la trilogie de Nicolas Beuglet dans laquelle on suit l’inspectrice Sarah. Cette saga m’a beaucoup plu, je trouve que l’auteur a vraiment de bonnes idées et va toujours au bout. Ce dernier tome n’est pas mon préféré, je le trouve bien trop court, mais il m’a beaucoup plu malgré tout. Etant donné sa brièveté, les événements s’enchaînent rapidement, c’est un véritable page turner. Je trouve que les événements sont peut être allés un peu trop vites, notamment la fin. L’auteur aurait pu prendre davantage son temps. Mais dans l’ensemble, ça a été une très bonne lecture ! On en apprend enfin plus sur le passé de Sarah et l’intrigue-même du roman m’a surprise ! Je ne m’attendais pas à ça. J’ai une fois de plus apprécié la direction dans laquelle est allé l’auteur, je ne m’attends jamais. Il arrive toujours à trouver des sujets intéressants. C’est donc une saga que je vous recommande fortement et je lirai le nouveau roman de l’auteur avec plaisir !

 

IT’S NOT ABOUT THE BURQA ÉDITÉ PAR MARIAM KHAN
Genre(s) : Non fiction, Essais, Féminisme  Nationalité : Anglaise – Édition : Picador – Parution : 6 février 2020 – Pages : 272  Catégorie : Les favoris

RÉSUMÉ : When was the last time you heard a Muslim woman speak for herself without a filter? In 2016, Mariam Khan read that David Cameron had linked the radicalization of Muslim men to the ‘traditional submissiveness’ of Muslim women. Mariam felt pretty sure she didn’t know a single Muslim woman who would describe herself that way. Why was she hearing about Muslim women from people who were neither Muslim, nor female? Years later the state of the national discourse has deteriorated even further, and Muslim women’s voices are still pushed to the fringes – the figures leading the discussion are white and male. Taking one of the most politicized and misused words associated with Muslim women and Islamophobia, It’s Not About the Burqa is poised to change all that. Here are voices you won’t see represented in the national news headlines: seventeen Muslim women speaking frankly about the hijab and wavering faith, about love and divorce, about feminism, queer identity, sex, and the twin threats of a disapproving community and a racist country.

MON AVIS : Ne vous-êtes vous jamais fait la réflexion que lorsqu’il est question de l’islam ou du voile, ce ne sont jamais des femmes concernées à qui l’on donne la parole ? Alors qu’en j’ai découvert cet anthologie regroupant 17 essais écrits par des femmes musulmanes, j’ai été intriguée. Et grand bien m’en a fait parce que ces essais m’ont beaucoup appris ! Ce serait mentir que de dire que je n’ai jamais eu de préjugés sur la religion musulmane – et après avoir lu cet essai, je pense que j’ai toujours été mal informé parce que la société occidentale et les médias nous donnent une certaine image de cette religion. J’ai beaucoup appris sur la religion en elle-même, sur la place des femmes notamment. J’ai aimé le côté intersectionnel de ces essais puisque ces différentes femmes abordent aussi bien leur foi, que la question du mariage, du poids familial, de l’amour, du divorce, de la mode, du féminisme, du racisme, de l’islamophobie, etc. C’était un essai vraiment instructif pour ma part et je suis contente d’avoir enfin lu un livre qui donne la parole aux concernées ! Evidemment, ce sont 17 points de vue et il y a autant de points de vue qu’il y a de femmes musulmanes. C’est toujours difficile de parler d’essais alors si mes quelques mots vous ont intrigué, je vous recommande vivement de lire ce livre (si vous lisez en anglais évidemment) !

 

EAU DOUCE D’AKWAEKE EMEZI
Traductrice : Marguerite Capelle – Genre(s) : Contemporain  Nationalité : Américaine – Édition : Gallimard – Parution : 6 février 2020 – Pages : 256  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Au Nigéria, dans la cosmologie igbo, lorsqu’un enfant est dans le ventre de sa mère, il est façonné par des esprits qui déterminent son destin. Mais à la naissance de la petite Ada, les portes entre le monde des humains et celui des esprits se sont temporairement ouvertes, le temps pour ces derniers de s’immiscer dans le corps de la fillette et de s’y trouver bloqués. Un pied dans le monde des vivants, un pied dans le monde des esprits, Ada va ainsi grandir envahie par un cortège de voix qui vont se disputer le contrôle de sa vie, fractionnant son être en d’innombrables personnalités.

MON AVIS : Ces derniers mois, j’ai vu beaucoup de fois passer ce roman sur instagram, notamment sur des comptes anglophones. Etant donné que la littérature nigériane m’intéresse beaucoup, je me suis laissée tenter ! Je m’attendais à un roman contemporain avec un côté réalisme magique mais je ne m’attendais pas à ça ! J’aurai pu en savoir davantage en relisant la quatrième de couverture mais j’aime pouvoir être surprise aussi. Ce roman a été une très bonne lecture mais je ne sais toujours pas pourquoi il m’a plu. Avant toute chose, je ne recommande pas ce roman à tout le monde. Ame sensible s’abstenir, ce roman parle de viol, de scarifications et d’une tentative de suicide. Clairement, c’est une lecture qui a été difficile de par les sujets qu’il aborde. En même temps, j’ai bien aimé l’idée de ces esprits dans la culture igbo qui façonne l’enfant dans le ventre de leur mère. Dans ce cas-là, les choses ne se passent pas du tout comme prévu et Ada n’est alors plus toute seule, elle partage son corps avec des esprits. Ce sont d’ailleurs eux les personnages de cette histoire. Je pense qu’il y a une double lecture à faire puisque ces esprits représentent les troubles de la personnalité d’Ada. C’est vraiment intelligemment fait ! Ainsi Akwaeke Emezi parle de traumatisme et de la répercussion qu’un événement a sur notre santé mentale. C’est un livre lourd de par son sujet mais que je trouve important. C’est bien la première fois que je lis un livre tel que celui-là et je suis curieuse de lire autre chose d’Akwaeke Emezi, cette fois en anglais pour découvrir sa véritable plume !

EXTRAIT : « Quand on nomme une chose, elle prend vie…vous saviez ça ? Il y a de la puissance là-dedans, comme un shoot brutal de pouvoir blanc comme l’os, une drogue frémissante. Attendez, est-ce que c’est ça que les humains ressentent ? La conscience d’être à part, spécial, individu distinct ? C’est fabuleux. Mais j’ai dû me rappeler que je n’étais ni humaine ni de chair. J’étais juste un moi, un petit animal, si vous voulez, enfermé à l’intérieur d’Ada. Mais c’était quand même agréable de pouvoir déplacer son corps et ressentir des choses. »

 

J’ai également lu Pantagruel de Rabelais, Sans commencement et sans fin de Montaigne, Les Regrets de Du Bellay et Le Cid de Corneille pour mes cours ainsi que le premier tome de Kase-san et les belles-de-jours d’Hiromi Takashima mais je vous en parlerai dans un futur article Point manga !

 

ET VOUS, QUELLES ONT ÉTÉ VOS LECTURES D’OCTOBRE ? QUELLE A ÉTÉ VOTRE MEILLEURE LECTURE CE MOIS-CI ?

 

A bientôt,

Solange ♡

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