Mes dernières lectures / Mai 2020

Salut tout le monde ! J’espère que vous allez bien ♡ Le mois de mai a été très calme au niveau lecture. Je n’avais pas tellement la tête à lire alors ce bilan lecture sera assez court. J’ai tout de même lu six livres et j’ai fait de belles découvertes. C’est parti !

 

LE MOT D’ABEL DE VÉRONIQUE PETIT
Genre(s) : Jeunesse, Dystopie  Nationalité : Française – Édition : Rageot – Parution : 2018 – Pages : 192  Catégorie : Les passes temps

RÉSUMÉ : Dans le monde d’Abel, rien n’est plus important que le mot révélé à chacun vers l’âge de 12 ans. Un mot personnel et intime qui conditionne souvent la vie entière. En retard de plusieurs mois, Abel vit dans l’angoisse d’hériter d’un mot dérisoire ou ridicule, ou pire, d’un mot noir… Un matin, il découvre le mot de Clara, la fille dont il est secrètement amoureux, tagué en lettres rouges sur le mur du collège ! Qui a pu commettre un tel crime ?

MON AVIS : Un roman jeunesse assez sympathique à lire mais qui ne me restera pas en mémoire longtemps. Selon moi, le roman est bien trop court. L’autrice instille une réflexion autour du regard des autres, de l’image qu’on a de soi mais aussi de la radicalisation d’une partie de la société et le fait de s’engager dans une cause à travers l’histoire d’Abel. Je trouve que l’idée-même du roman, avec ces mots qui apparaissent aux adolescents et qui conditionnent ensuite leur vie est une bonne idée mais l’autrice n’a pas assez poussé la réflexion. Au moment même où Abel commence à changer sa façon de voir son mot, l’histoire se termine. C’est donc pour moi une lecture en demi-teinte. L’idée est bonne mais pas assez exploitée. Cependant, c’est un roman que je conseille aux 11-13 ans car il pourrait leur permettre de réfléchir sur les sujets évoqués plus haut !

EXTRAIT : « Parfois, quand je regarde le ciel, les nuits d’été, je me dis qu’ils sont là quelque part, que même la mort ne peut rien contre un amour aussi fort. Alors je me concentre et je choisis une étoile, la plus belle, la plus brillante. Je la fixe de toutes mes forces, jusqu’à en avoir mal au cou.
– Qu’est-ce que tu fais ? s’inquiète alors ma tante. Tu vas t’abîmer les yeux !
– Non, je fais le plein d’amour, je lui réponds. »

 

RETOUR A REIMS DE DIDIER ERIBON
Genre(s) : Essai, Autobiographie  Nationalité : Française – Édition : Flammarion – Parution : 2018 (2009) – Pages : 248  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d’origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l’histoire de sa famille.

MON AVIS : J’ai beaucoup aimé ce livre hybride entre essai sociologique et autobiographie de l’auteur. Impossible pour moi de faire ma revue habituelle sur ce livre alors à la place, je vous propose plusieurs extraits qui m’ont plus d’une quelconque manière !

EXTRAITS : « Je suis un prodige de l’injure. Un fils de la honte. »

« […] les traces de ce que l’on a été dans l’enfance, de la manière dont on a été socialisé perdurent même quand les conditions dans lesquelles on vit à l’âge adulte ont changé, même quand on a désiré s’éloigner de ce passé, et, par conséquent, le retour dans le milieu d’où l’on vient – et dont on est sorti, dans tous les sens du terme – est toujours un retour sur soi et un retour à soi, des retrouvailles avec soi-même autant conservé que nié. »

« Le champ des possibles – et même celui des possibles réalisables – est étroitement circonscrit par la position de classe. C’est comme s’il y avait une étanchéité presque totale entre les mondes sociaux. Les frontières qui séparent ces mondes définissent, à l’intérieur de chacun d’eux des perceptions radicalement différentes de ce qu’il est imaginable d’être et de devenir, de ce à quoi on peut aspirer ou non. »

 

LA MER SANS ETOILES D’ERIN MORGENSTERN
Traductrice : Julie Sibony – Genre(s) : Fantastique  Nationalité : Américaine – Édition : Sonatine – Parution : 14 octobre 2020 – Pages : 656  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu’une scène de son enfance y est décrite, il décide d’en savoir davantage. C’est le début d’une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d’histoires à préserver, quel qu’en soit le prix…

MON AVIS : Ce roman est sorti en VO l’année dernière et comme moi, vous avez sûrement dû beaucoup en entendre parler. J’étais curieuse de découvrir cette histoire et j’ai eu l’occasion via Netgalley de lire le roman. J’ai beaucoup aimé ce roman ! Le personnage de Zachary est attachant. J’ai beaucoup aimé les descriptions, j’avais l’impression d’y être. Si je devais décrire ce roman et son intrigue, je dirai que c’est une pelote de laine. C’est l’image que cette histoire me renvoie. On est autant perdu que Zachary dans cet univers “magique”. Pendant longtemps, on ne sait pas trop où on va, de quoi l’histoire retourne. Le roman se divise en plusieurs parties et on alterne entre ce que vit Zachary et des extraits de différents livres de la mer sans Étoiles. J’ai beaucoup, beaucoup aimé comprendre au fur et à mesure qui était qui et les différents liens qui unissent les personnages. J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman en réalité. Mais si vous aimez le fantastique et la littérature alors ce roman devrait vous plaire 🙂 Cependant, il faudra attendre octobre avant de pouvoir le lire en français !

EXTRAIT : « Nous sommes les étoiles, finit-il par répondre, comme si c’était l’évidence même. Nous sommes tous faits d’histoires et de poussières d’étoiles. »

 

PETIT PAYS DE GAËL FAYE
Genre(s) : Historique, Drame  Nationalité : Franco-Rwandaise – Édition : Grasset – Parution : 2016 – Pages : 224  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

MON AVIS : Vous avez été nombreux.se à me parler de votre coup de coeur pour ce roman sur instagram et je comprends bien pourquoi après avoir refermé le livre. J’ai beaucoup aimé ce roman ! J’ai trouvé que l’auteur propose un premier roman de qualité. Je suis rentrée facilement dans l’histoire et je me suis attachée à Gabriel. J’avais l’impression d’être avec lui, dans son quotidien au Burundi, avec sa bande de copains. Au fil du temps, la situation dégénère au Burundi mais aussi au Rwanda, d’où sa mère est originaire. Gabriel prend peu à peu conscience de la violente réalité des choses. Certains passages sont vraiment durs. C’est un roman triste – évidemment vu le contexte historique dans lequel il se place. En tout cas, ça a été une belle découverte et je recommande ce roman aux airs d’autobiographie !

EXTRAIT : « La guerre, sans qu’on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitait rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais. »

 

JUSQU’ICI, TOUT VA BIEN DE GARY D. SCHMIDT
Traductrice : Caroline Guilleminot – Genre(s) : Jeunesse, Historique  Nationalité : Américaine – Édition : Ecole des loisirs – Parution : 8 janvier 2020 – Pages : 473  Catégorie : Les très bons

RÉSUMÉ : 1968. Une petite, petite ville de l’État de New York. Un père sans repères, une mère sans remède. Deux grands frères, dont un avalé par la guerre du Vietnam. Pas assez d’argent à la maison. Trop de bagarres au collège. Des petits boulots pour se maintenir à flot. Une bibliothèque ouverte le samedi pour s’évader. Une collection d’oiseaux éparpillée à tous les vents. Des talents inexploités. Et une envie furieuse d’en découdre avec la vie.

MON AVIS : Je n’avais jamais entendu parler de ce livre et n’en attendais donc rien. Et parfois, cela entraîne de jolies surprises, ce qui a été le cas ici ! C’est un roman jeunesse qui m’a beaucoup plu et en même temps, je ne sais pas vraiment expliquer ce qui m’a touché dans ce roman. J’ai aimé suivre Doug. C’est un garçon de 13 ans qui n’a pas confiance en lui, qui vit dans une maison pourrie avec un père violent, un grand frère qui s’acharne sur lui, un autre parti au Vietnam et sa mère qu’il aimerait voir sourire plus souvent. Et même si rien n’a l’air bien dans sa petite ville et que beaucoup ne lui laisse pas sa chance, Doug va faire une découverte et son monde va s’ouvrir. Certains passages m’ont beaucoup touché, notamment lorsqu’il est question de la violence de son père. Doug est un personnage attachant, qui évolue au contact de certains qui vont avoir croire en lui et voir au delà des apparences. La guerre du Vietnam et ses répercussions sur les jeunes qui s’y sont engagés est un sujet abordé. C’est aussi un roman qui parle d’art, de beauté et d’oiseaux. Bref, une belle découverte que je vous recommande chaudement 🙂

EXTRAIT : « Vous savez, quand on pleure, quelque chose reste dans l’air. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut voir, ou humer, ou sentir. Ou dessiner. Mais c’est là. C’est comme le hurlement du goéland marin, qui crie dans l’espace vide et immaculé qui l’entoure. Vous ne pouvez pas l’entendre quand vous regarder la peinture. Mais cela ne veut pas dire que cela n’existe pas. »

 

LA PROCHAINE FOIS, LE FEU DE JAMES BALDWIN
Traducteur : Michel Sciama – Genre(s) : Essai  Nationalité : Américaine – Édition : Folio – Parution : 2018 (1963) – Pages : 144  Catégorie : Les chouettes lectures

RÉSUMÉ : En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis, en 1963, entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion.

MON AVIS : Après avoir lu La chambre de Giovanni, j’étais curieuse de découvrir les écrits en non fiction de l’auteur. La prochaine fois, le feu est un court livre divisé en trois parties : la préface de Christiane Taubira, une lettre de James Baldwin qu’il écrit à son neveu et enfin, une autre lettre, entre autobiographie et essai politique. Je trouvais déjà cet essai intéressant mais il a pris une dimension d’autant plus réelle avec les événements récents. C’est un essai qui m’a fait réfléchir et qui permet de s’éduquer sur le racisme. En le lisant, j’avais l’impression d’entendre ce que les Noir.es américain.es réclament aujourd’hui, alors même que Baldwin a écrit ce texte en 1963. Plus que de grands discours, je préfère simplement vous recommander ce livre, important, nécessaire et bien écrit !

EXTRAIT : « Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur. »

 

ET VOUS, QUELLES ONT ÉTÉ VOS LECTURES DE MAI ? QUELLE A ÉTÉ VOTRE MEILLEURE LECTURE CE MOIS-CI ?

 

Solange ♡

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