Une drôle de femme de Leylâ Erbil

Salut tout le monde ! Aujourd’hui, je reviens pour vous parler du roman Une drôle de femme de Leylâ Erbil publié par Belleville éditions. Originellement, ce roman turc a été publié en 1971. Je tiens à remercier la maison d’édition pour avoir eu la gentille de bien vouloir m’envoyer ce roman 🙂

 

« Nermin n’est pas une fille comme les autres. Apprentie poétesse aux idéaux communistes, elle mène une vie de bohème dans la grouillante Istanbul sans se soucier du qu’en-dira-t-on. Depuis sa petite chambre, elle lit les grands auteurs russes et compose. Dans la République conservatrice des années 50, elle fait figure d’excentrique.

Bientôt, la jeune femme se fait une place chez les intellectuels – parfois même jusque dans leur cœur. Car bien sûr écrivains, architectes et peintres s’accordent au masculin. Nermin est déterminée, et tant pis si dans sa quête d’épanouissement, elle passe sa vie à se réinventer. Tant pis si elle doit remplir le regard de ses parents de reproches et de déception. L’émancipation est un choix autant qu’un combat. »

 

Suivre l’histoire d’une jeune femme féministe dans la Turquie des années 50, ça me tentait énormément ! Malheureusement, ce roman n’a pas fonctionné pour moi. Peut-être que j’en attendais trop en lisant le résumé mais j’ai été assez déçue. Je m’attendais à ce que le combat féministe de Nermin soit le coeur du roman. J’ai trouvé le résumé finalement assez trompeur puisque je m’étais imaginée une histoire vraiment différente.

J’ai tout d’abord eu du mal avec la construction du roman. Les paragraphes sont très nombreux et s’enchaînent très vite. D’un côté, cela donne du rythme au roman et j’ai apprécié mais d’un autre, j’ai été assez déroutée parce qu’à chaque paragraphe, on change de scène. Mais une fois que je me suis adaptée à ce rythme, j’ai plutôt apprécié ce que je lisais, en tout cas dans la première partie.

Le roman est divisé en quatre parties : La fille, Le père, La mère et La femme. J’ai particulièrement aimé la première partie qui correspond à ce que j’attendais du roman.

On y découvre notre héroïne, Nermin, une jeune femme qui fréquente la fac. Férue d’auteurs russes, elle écrit des poèmes et fréquente un cercle d’intellectuels – exclusivement masculin. J’ai aimé son personnage parce qu’elle va là on ne l’attend pas, elle n’hésite pas à dire aux hommes ce qu’elle pense d’eux alors qu’ils racontent des saletés dans son dos. J’ai aimé qu’elle affronte sa mère, qu’elle soit en désaccord avec elle concernant les préceptes religieux. Nermin fait ce qu’elle veut. Et oui, on peut dire qu’elle est une féministe.

Mais, la deuxième partie a eu raison de moi. J’ai complètement décrochée. Est-ce parce que j’ai essayé de terminer ce roman lors d’un challenge ? Peut-être que m’obliger à lire ce roman pour le challenge était une mauvaise idée, et il est possible qu’en prenant plus mon temps j’aurai pu apprécier cette partie mais ça n’a pas été le cas. Dans la deuxième partie du roman, on a le point du vue du père de Nermin, qui est malade et sait qu’il mourra bientôt. Il se questionne sur l’éducation qu’il a donné à sa fille et sur le fait qu’il pense avoir échoué. A côté de ça, il divague longuement sur sa vie sur les bateaux puisqu’il y travaillait, il mélange ses souvenirs et de nombreuses dates. Il m’a complètement perdu. Je n’ai pas compris l’intérêt de cette partie. Je l’ai trouvé longue, lente et ennuyeuse.

Les deux dernières parties m’ont plus plu. Cependant j’ai trouvé que le combat féministe de Nermin était peu à peu remplacé par son combat communiste pour le peuple. L’un n’empêche pas l’autre, on s’entend là dessus mais j’avais l’impression en lisant le résumé qu’on aurait surtout une jeune femme qui se bat pour pouvoir faire ce qu’elle veut en tant femme. Après, il faut tout de même remettre les choses dans leur contexte. Etre féministe dans les années 50 et être féministe aujourd’hui est différent puisque certaines choses ont évolué.

Dans la dernière partie, Nermin a presque quarante ans et j’ai bien aimé la femme qu’elle est devenue. Mais, je trouve que dans l’ensemble l’histoire et le rythme sont bien trop confus. Oui, il y a une linéarité tout le long mais le style avant-gardiste de l’autrice m’a perdu. Elle aborde tout de même des sujets intéressants pour l’époque : le roman parle de virginité, de féminisme, de l’inceste, d’aller à l’encontre des préceptes religieux.

En résumé, j’attendais peut-être trop de ce roman, peut-être aurais-je dû prendre plus mon temps. Ce que je sais c’est que le résumé m’a induise en erreur et il faudrait le modifier parce qu’il décrit une histoire différente. Bien que je sois passée complètement à côté de ce roman, je suis ravie d’avoir pu découvrir cette autrice turque ! Lire ce roman c’était m’ouvrir à une autre culture.

En attendant, je suis ravie d’avoir découvert cette maison d’édition. J’aime beaucoup leur ligne éditoriale qui propose de faire découvrir des auteurs et autrices méconnu.es ! J’ai repéré un autre de leur roman qui me tente bien 🙂

 

Solange ♡

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